Feue la Vérité.

par A. Wamara
16 février 2022


Ce monde me rend si frileux que j'ai plus que hâte de plonger dans la Géhenne pour me réchauffer gratis jusqu’à la fin des temps. Paraît que Galilée s'y trouve encore. Il semble tarder à passer à l'étape Purgatoire. Et il peut tirer un trait sur le Paradis. On imagine que les autorités célestes lui font payer très cher son outrecuidance à affirmer que la terre tourne autour du soleil alors que tout le monde plaçait la terre au centre de l'univers, voilà ce qui s'appelle chercher des noises au Ciel. Il s'en serait abstenu et il aurait échappé à la condamnation s'il connaissait ce proverbe afghan, pas taliban, qui dit que "si quelqu'un dit la vérité, offrez-lui un cheval, il en aura besoin pour s'enfuir". Ce proverbe est plus que jamais d’actualité. Sauf qu'un cheval ne lui suffirait pas aujourd’hui, c’est un avion supersonique qu'il faudrait pour se tirer hors de portée de la meute idolâtre des Prophètes sans Livre. Chaque vérité dite sur la tyrannie et le flicage du monde s’accompagne d’un châtiment exemplaire. Vous risquez de finir en côtelettes ou perdre la raison dans une ambassade, si vous ne dépérissez pas dans une prison jusqu’à la fin de vos jours. Les lanceurs d’alerte en savent quelque chose.
C’est pourquoi, je dis "ma" vérité au vent, il l’emporte au-delà des mers, je la dis aux oiseaux, ils l’amènent dans les cieux. Je la dis aux Morts qui l'écoutent sans coup férir. Et quand je la dis aux vivants, je reste sur mes gardes, l'épée frétillant dans son fourreau. Il m'arrive de la dire sans crainte, en hoquetant, quand je suis bourré comme un coing, in vino veritas, avec comme rançon le bousillage de mon foie, et le brouillage de ma foi qui appelle un possible châtiment d'Allah : être jeté en frisbee du pont fin Sirât tête devant dans la fournaise de Gihennama.
Que calor alors !


A. Wamara