Pérégrinations estivales IV :
vacance du mouvoir

par Achour Wamara



Va, quand c'est pour me saisir du verre de Smecta posé sur ma table de chevet je consens à tendre le bras, sinon Total Horizontal. Dodo, rien que dodo, tout dodo. Zéro mouvement.
Je bave les nuits et je lave les jours. Sale état. J'ai chopé une saloperie au bide, because j'ai mangé du fast, gorgé de Monsanto. Mon sang ne fait qu'un tour à l'évocation de ce nom. Notaire de la terre. Tortionnaire de la graine. Arsenic qui nous nique. Monsasuffit ! Boycott hasta le pissenlit. Je ne boufferai plus que du boulghour certifié Beyrouth. Je tiens à ma pomme.
Ma piaule de convalescence donne sur la mer. Peu agitée. La chanceuse. Du fond de mon lit blanc j'observe les touristes s'aimant. Rageant. Je rêvais d'un bain masseur avec des sirènes, voilà que je me retrouve amarré à un lit grinçant. Je lui eusse préféré une attaque de murènes.
« L'eau verte pénétra ma coque de sapin » (Arthur d'Aden). Je délire grave. Mère de Dieu ! Mon corps dérive. Se métamorphose. Comme si la graine germait dans mes entrailles et arrosait de sa sève souillée mes neurones. Qu'elle récure sournoisement. J'ai une sensation de pilosité drue sur l'échine. Je m'alourdis de toute part. Encore plus du derrière. J'essaie de me mouvoir sans succès. Juste si je pouvais me répandre visqueux sur le parquet.
Que m'arrive-t-il ? Je me monsantoïse ?

- Samsa !
Ah ! quelqu'un m'appelle.
- Oui ?
- C'est l'heure de la piqûre.

Vacances, dites-vous ? Fuckances, oui !

Achour Wamara, août 2017.