Village rebelle

par A. Wamara



Tifilkout. Retenez ce nom. Champ de fougères. Vous pouvez l'appeler tout simplement Les Fougères.
Près d'une centaine de martyrs, dont 12 égorgés par les bérets verts, auxquels il faut ajouter 32 victimes, femmes, enfants et vieillards, calcinés lors du terrible bombardement au Napalm par l'aviation française, le11 octobre 1958. Nous avions enterré les restes de leurs cendres. Mère-grand en était.
Ces villageois sont morts pour que des Algériens naissent et vivent libres, pas pour que des sbires sans foi ni loi viennent aujourd'hui profaner leurs portails et arrêter manu militari trois de leurs enfants rebelles qui refusent de trahir leur testament.
Tu m'entends, Sidi M'Hamed ? J'en doute.
Que doit-on faire pour que tu entendes ?
Non, pas ça, ça t'arrangerait, non, nous n'imiterons pas tes maîtres, nous ne nous vengerons pas en tirant sur nos frères d'Alger ou de Tizi. Nous ne tirerons pas, pas plus que nous ne nous tairons. Jusqu'à ce qu'on t'enterre. Car l'histoire, au final, juge toujours les mauvais juges.
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Avec Moh, Kamira, Arezki, et tous les détenus d'opinion.