Sobriété à satiété !

par A. Wamara


Pour la défense de l’Ukraine, de « notre » mode vie envié, des Droits de l’Homme partout dans le monde (presque !), j’ai décidé d’apporter ma « bolidarité » à l’effort de guerre en me restreignant de tout. Quand il faut y aller, faut y aller. Énergiquement.
J’ai commencé par souder le robinet de mon radiateur, fixé à 19 degrés Celsius. Une précaution, des fois que mes gosses s’amusent à triturer le robinet et le tourner dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. À propos des gosses, le prix du papier ayant augmenté (pourtant les forêts diminuent) j’ai opté pour les standards en matière de cahiers scolaires, finies les couvertures avec Spiederman. Question alimentaire, sans jeu de mots, je vis chichement en comptant les pois chiches de mon couscous. Mon panier de la ménagère s’allège. Il faut saluer l’industrie alimentaire pour avoir diminué le poids des pots (passé de 100 à 90g) en gardant les mêmes prix (l’illusion est bonne pour le moral). Le veau vaut caviar. Une occasion pour embrasser le véganisme. L’alcool monte aussi en prix, pas en degrés. Adieu « l’oasis où je rêve, et la gourde / Où je hume à longs traits le vin du souvenir » (Baudelaire). Mon voisin salafiste sera content, lui qui n’a jamais désespéré de me convertir à la religion de Mahomet. C’est fait. Avec cet avantage de faire une économie substantielle sur les frais de mon barbier. Ma barbe entame sa rallonge et ça va de pair avec mon nouvel ascétisme.
Qu’ai-je encore fait comme économie, voyons, ah oui ! celle de mon énergie libidinale, j’ai drastiquement espacé mes rapports sexuels, je suis d’accord avec le Président, faut de la zobriété !


A. Wamara
14/09/22