La bonne, la pute, et le puant.

par A. Wamara
1er janvier 2022



Tiens, je vais me gêner ! Ça me fait sortir de mes gonds et vite dégainer rien que de penser que le Père Noël est interdit de séjour dans les geôles algériennes remplies de détenus d’opinions. On est en plein western, et il vaut mieux tirer le premier. Mais je ne parlerai pas cette fois-ci des despotes, une digue aura tôt ou tard raison d’eux, elle les emportera avec leur infâme gabegie. Je suis un optimiste. Je m’intéresse plutôt à leurs larbins, à tous ces chiens de garde sans qui aucune dictature ne peut tenir une seconde trois quarts. Et il y en a de toute espèce :
- les serviles, ces bonnes à suivre les directives du Maître sans se poser de questions, encore moins s’y opposer, les « surtout pas de politique ! » . Ceux-là, sans doute, seront récupérables pour peu qu’on leur donne l’occasion de dénouer leurs chaînes invisibles.
- Il y a ceux qui vivent dans le putanat à l’ombre des puissants. Sans morale si ce n’est l’appât du gain, ils se vendraient au plus offrant des tyrans auxquels ils servent d’échotiers en se faisant leur tambour, les « oui mon Général » matin, midi et soir. Y figurent les friands des strapontins qui légifèrent au mouvement de sourcils du gouvernant.
- Enfin, pour les basses besognes, nous avons affaire à la vermine des puants qui obéissent au doigt et à l’oeil du capricieux despote. Pour ces sans foi ni loi autre que celle du plus fort, la vie humaine se mesure inversement au degré de leur inconditionnelle servitude, ils vous exécuteraient un opposant pour une caresse amadouante du commanditaire à qui ils se donnent corps et âme, et chien de fusil en guise de cervelle.

Tel est le trépied des dominants qui tirent souvent leur force au sein même du peuple qu’ils saignent à blanc jusqu’à la veine desséchée. Insoumission ! Insoumission !

A. Wamara
1er janvier 2022