Saoulerie halal

par Achour Wamara



L'alcool ne m'enivre plus. Même un océan de tequila ne m'arracherait pas un hoquet. C'est pareil pour le shit, je peux le brouter comme une vache sans planer le moins du monde. Une batavia me ferait plus d'effet qu'une botte de popo marocain. Ça n'est pas que je sois apathique, non, je pète le feu.
En fait tout me saoule :Trump, Yetanyahoo, le chien de mon voisin, Erdogan, Orbàn, MBS, Poutine, les écrivains qui sortent un livre par an, Bolsonaro, Duterte, Bolloré, le couscous en boîte de conserve, Gaïd, MLP, mon nez, tous les rois, les machos, les chanteurs qui se sont trompés de carrière, Salvini, Sissi, les médias commères, l'expression "on va dire", Macron, BHL, et mille et une erreurs du siècle.
Avec tout ça, mon alcootest monte toujours à son max.
Voilà, je suis comme Oskar dans "Le tambour" de Günter Grass, je tambourine en essayant de battre le rythme diabolique d'un monde qui déraille, que je ne compends pas plus que le braille. Je voudrais bien changer ses dés pipés depuis Adam, réinventer d'autres règles du jeu qui puissent dérouter le "système" à mon avantage. Mais pour cela, il me faut des dés sans numéros, des dés qui, quand on les jette, se mettront à tournoyer dans l'air sans jamais se poser, sauf pour tomber comme les pierres des oiseaux Ababil sur les têtes des salauds qui ont privatisé et amoché la terre.
Ouallah, mes dés à moi ne seront pas monnayables. Qu'ils se le disent, bande de cyniques belliqueux charognards exécrables !

Ouf ! Ça désaoulage !!

A. Wamara,
22 août 2019