Punaise !

par Achour Wamara



J'ai lu un truc dingue. Pas sur les malheurs du monde mais presque. Ça part d'une punaise. On ne rigole pas. C'est sérieux. Ceux qui, dans leur vie, ont passé une nuit dans un hôtel miteux en savent quelque chose. Ça gratte jusqu'au sang. Et bien, dans cette histoire, les punaises vont le payer cher, et si on n'en tire pas une leçon de sagesse, ça sera à notre tour de clamecer pour de bon.
Explication : cela s'est passé dans les années soixante. Un chercheur en punaises de l'université de Harvard avait observé au laboratoire, dans ses boîtes de culture, que ces insectes produisaient plus de larves qu'il n'en fallait, un fait extrêmement rare dans la reproduction des punaises, une surproduction semblable à une overdose d'hormones juvéniles qui empêchent les larves de se développer au point qu'elles en meurent dès l'éclosion. Du coup, ces punaises sont condamnées à la stérilité, et, partant, à leur mort sans laisser d'héritiers, au final à leur extinction. Quelle mouche donc, si on l'on peut dire, a piqué ces punaises ? Après maintes investigations, le chercheur a trouvé que cela provenait du journal le New York Times qui couvrait ses boîtes. Les essais avec d'autres journaux n'ont pas affecté ces punaises. Une énigme qu'il va résoudre non sans difficultés. Et quelle énigme ! Non, les punaises ne trouvent pas que les infos lues sur le New York Times sont indigestes !! C'est la pâte à papier dont était tiré le journal qui en était la cause. Elle provenait d'un type d'arbre (sapin balsamique) d'une forêt infestée de punaises à bois agressives. Ces arbres, pour riposter aux agressions punaisiennes, ont mimé et produit à l'excès des hormones juvéniles des punaises afin de provoquer le décès de leurs larves et empêché leur reproduction normale. Quel rapport avec les punaises de New York ? C'est que même mort, haché menu en pâte, le bois de ces arbres a gardé en mémoire ses « vertus » vengeresses jusque dans le papier journal. Le bois et son armée hormonale a donc poursuivi, sans relâche, les punaises incriminées tel le lieutenant Phillip Gerard le Docteur Richard Kimble dans le « Fugitif », quoique ce dernier n'y fût pour rien dans le meurtre de sa femme, si mes souvenirs sont bons.
Cette vengeance post mortem de l'arbre doit donner matière à réfléchir à l'homme planticide. Les plantes agressées par notre pollution seraient, si l'on extrapolait un petit chouia, capables de réagir et produire des substances stérilisantes pour l'homme et le condamner à terme à la disparition totale de la terre.
Les plantes sont nées plus de 2 milliards d'années avant l'homo sapiens, elles lui survivront sans aucun doute au vu de leur capacité à résister et à innover. L'homme terminera en larve de punaise dans le bocal-terre qu'il aura recouvert de ses forfaits contre la nature.

A. Wamara
4 août 2019

PS. Ne vous inquiétez pas, j'ai encore toute ma tête, je n'attends pas de ma fougère qu'elle se venge de mon voisin qui la pollue de ses déjections tabagiques et ses toussotements parasitaires à énerver Bouddha, je m'en chargerai moi-même ! Et j'ai déjà choisi l'arme du combat : les mots. Je tire le premier, trois coups : « il» « est » « mort » !