Jésus, le Palestinien

par A. Wamara


Jésus que voici, mon ami le crucifié, a racheté les péchés des hommes. De tous les hommes. Porterait-il aujourd'hui la Croix ? Pour qui et pourquoi ? Le péché n'est plus le symbole de la pomme croquée, comme le penserait la pensée littérale, c'est aujourd'hui la somme des abandons des dominés. De tous les dominés : individus, groupes, et peuples. Et si l'on cherchait un peuple "élu" qui représenterait le summum de ces abandons, c'est bien le peuple palestinien : abandonné par les monarchies et les dictatures arabes qui s'en sont servi longtemps de vernis révolutionnaire, abandonné par l'Occident qui n'en finit pas de payer sa culpabilité à l'égard de la Shoah, abandonné par l'ONU qui collectionne des résolutions contre l'État colonial d'Israël comme les Danaïdes remplissent d'eau leur tonneau troué.
Incarcération d'enfants, tortures, exécutions sommaires, aparthéid... Silence presque gêné de ce qui reste des démocraties occidentales.
- Alors, Jésus de Nazareth, que dis-tu de tous ces pécheurs modernes ?
- Ne leur pardonnez pas, car ils savent ce qu'ils font. Et si un jour je devais revenir parmi vous, je m'inscrirais au BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions). Je signerais INRP : Iesvs Nazarenvs, Rex Palaestino (Jésus le Nazaréen, Roi des Palestiniens). Qu'on me crucifie comme tel.
- Vous, au moins, vous êtes clair. Ne tardez pas à revenir, ils sont devenus fous à lier. Votre crèche est pleine de prisonniers.


A. Wamara
29/7/22