Langue française, putain de guerre.

par A. Wamara


Butin de guerre, certes, c'en est aussi sa putain. Durant la nuit coloniale, on la "pratiquait" sous le regard et la contrainte de ses proxos, non sans y avoir abandonné sa belle rivale mise sous le boisseau, l'autochtone maternelle. Et puis, c'est un peu comme le syndrome de Stockholm, avec le temps on y a pris goût et plaisir. D'otages on est passés à ses hôtes, voire à ses amoureux. On comprend pourquoi certains écrivains d'aujourd'hui s'enorgueillissent de l'avoir domptée, qu'ils maîtrisent ses humeurs et son bagout. L'écrivain répare dans chaque phrase allongée le souvenir du coït forcé en y ajoutant un plaisir gagné au forceps de la tournure phrastique.
De là à prendre son bâton de pélerin pour aller prêcher sa beauté urbi et orbi il y a un pas qu'il est conseillé de ne pas franchir. Car la catin peut reprendre du service dans d'autres contrées qui n'ont rien demandé, mais alors RIEN DU TOUT !


A. Wamara
24/7/22