Là quand j'acc...use

par Achour Wamara



Je ne sais pas ce que j'ai. Au Docteur qui m'a interrogé sur mes souffrances j'ai dit que j'avais mal mais je ne sais ni quoi, ni pourquoi. Il m'a scanné un moment puis m'a conseillé un spécialiste. Un psy. Pas un de ces psychothérapeutes qui gèrent les libidos moribondes des couples sur le bord de la rupture, non, un vrai psychanalyste, un lacanien pur et dur. « L'inconscient est structuré comme un langage », séance terminée, 100 €. Pour un lacanien, les mots sont des monts qu'il faut gravir sans piolets, avec une promesse, pas toujours tenue, d'une belle chute !!
Il y a, par exemple, entre le petit « a » et le grand « A » une distance aussi longue que celle qui sépare Trump et Dalaï Lama. Et ça n'est pas sur le divan d'un lacanien que vous pouvez rester muet. Vous devez blablater sur vos traumas. « Là où ça parle, ça souffre ». Whaooo ! Alors das ist absolut sicher qu'il va vous faire parleeer !! C'est la rançon à payer pour, pas une guérison, juste une petite ponction de vulnérabilité. Pourtant, « les paroles entraînent une dette ineffaçable », qu'importe, il faut « verbaliser » car l'inconscient se « motérialise » dans la parole. Diantre ! Et tout ce que vous direz sera dépecé, découpé, détourné pour vous être retourné méconnaissable : « savoir » vous sera retourné en « ça voir », allez savoir où est le lien entre les deux ; « le nom du père » en « le non-dupe erre » !, et d'autres pépites de ce genre qu'on mettrait bien dans des petits paquets cadeaux à offrir aux fracturés de la tête.
Et là, quand Lacan dit que « la psychanalyse est sans effet sur la connerie », j'ai sauté sur l'occas pour lacaniser les clichés sortis sur les petites gens par Macron depuis son accès au château de l'Élysée, toutes ces phrases méprisantes que seul un habitant d'une tour de verre pourrait dire sans mesurer leur degré d'ânerie. Comme en psychologie, il n'y a pas de hasard, les propos de sa Suffisance sifflent comme des prouts du cerveau. Ainsi, dans « premiers de cordée », je lacanise « cordée » en « corps-dés », n'est ce-pas qu'il prend nos corps pour des dés, qu'il en joue, avec nos nerfs aussi ? « Pognons de dingue » est à lire « pots à oignons d'un gu...eux », euh …C'était sur les pauvres.
Quand avec la gravité d'une bidasse fraîchement promue Caporal il postillonne à la télé « Vive la République », moi j'entends « l'arrêt public », entendez l'arrêt du service public. Comme la vérité d'un lapsus. « Le Français Gaulois réfractaire » donnerait « Le Franc c'est gaule, oie, raie, fera queue, taire ». C'est un peu tiré par les cheveux de Blanquer, mais c'est mieux que de chercher à savoir si Marlène chia ou chia pas… chez Hanouna.
Mon rêve, c'est de voir inscrit sous le portrait officiel du Président : « légende ? Rien ! »
Les « gens de rien » auraient eu leur revanche.
Tiens, ça me fait penser instinctivement à mes frères Algériens. Eux ils ont déjà gravé sous le portrait compassé de Bouteflika : "le corps rompu".
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A. Wamara,
11 août 2019