Islam et violence

par Achour Wamara



Tout de même, Allah, si tant est qu'il existe, n'a pas extrait un âne de sa glaise. Ou alors c'est un piètre créateur...
Ce n'est nullement manquer de respect pour le croyant que de lui dire combien il est prétentieux de nous expliquer les paroles si "mystérieuses et profondes" d'Allah.
Jusqu'à preuve du contraire, nous pensons un peu par nous-mêmes, et nous sommes sûrs, comme le croyant devrait l'être, aussi savant soit-il, que nous ne connaissons pas la vérité, si ce n'est parfois son ombre vacillante.
J'en arrive aux polémiques autour des récents écrits, dont celui d'Adonis que je mets en partage pour la critique.
Ces auteurs s'attaquent aux certitudes et à l'habitus des sociétés musulmanes à la lumière de l'actualité.
Si l'on écarte les critiques adressées à ces écrivains pour leurs supposées allégeances à "nos" ennemis, il faut leur accorder ce mérite qui est de procéder à la déconstruction au sens derridien du terme de nos sociétés trop engluées dans la mélasse du verset répétitif.
N'est-ce pas qu'il est indispensable sous peine de mourir culturellement de taper dans la paisible et dormante fourmilière de nos chères sociétés gouvernées plus par la pensée ventrue que par la raison raisonnante.
Que ceux qui, ça et là, s'en prennent à ces auteurs, qu'ils le fassent dans les règles de la "disputatio" et non de critiques ad hominem et d'anathèmes.
Préférons donc la blessure cicatrisante au doux mal éternel.


Achour Wamara, 29 juillet 2016