Bon anniversaire à Houria !

par A. Wamara


Houria, c’est le nom de ma chatte. Elle est née le 5 juillet. Si je préfère les chats aux chiens, c’est moins pour les aboiements nocturnes de ces derniers que pour l’indépendance à toute épreuve des premiers. On loue beaucoup la fidélité du chien à son maître jusqu’à se laisser mourir sur sa tombe, mais le chat répugne à être commandé, et il ne sacrifierait pas une griffe pour un bipède qui le toiserait de haut. Vous avez beau le siffler, il continue à vaquer à ses affaires. Et quand il a faim, il ne vous réclame pas sa pâtée en remuant sa queue, il vous harcèle de miaulements jusqu’à ce que vous cédiez en lui présentant sa pitance, à moins que vous l’embastilliez dans son panier.
Les chiens abandonnés trouvent facilement un maître, pourvu que celui-ci subvienne à leurs besoins. Pas le chat, le rebelle. Il peut rester au maquis tant que cela est nécessaire.
Le chat n’a rien à envier au chien question odorat. Mais son odorat n’ est pas au service de Monsieur ou de Madame, il s’en sert pour on ne sait quoi ni comment, sauf peut-être en se frottant aux objets pour vous dire « ça c’est à moi », comme pour défendre ses droits.
Le chien peut mordre le pape sur un simple ordre de son maître. Le chat n’en a que foutre des chefferies.
La mythologie abonde en chats, en chiens aussi mais plus en cerbères qu’en protecteurs des mortels. Savez-vous que le prophète Mohammed (SAWS !!) a préféré se couper la manche plutôt que de réveiller le chat qui s’était endormie dessus ? Qu’aurait-il fait si c’était un chien, je vous le demande ?
Attention ! Je ne dénigre pas ici le chien, l’ami de l’homme. C’est juste pour dire que son amitié avec l’homme qui est corruptible de nature le rend de facto suspect aux yeux des chats réfractaires à toute servitude.
Dire de deux personnes inconciliables qu’elles sont amis comme chien et chat, c’est aussi, en re-filant la métaphore, mettre en regard la servitude volontaire et l’intraitable liberté.

À bon entendeur, salut !


A. Wamara
Juillet 2022