Kirak Hirak ?

par A. Wamara



Bof ! Des hauts et des bas. Actuellement, je crois avoir une infection virale. Beaucoup de médecins, érudits comme charlatans, se penchent sur mon cas pour savoir de quel mal je souffre. Les diagnostics diffèrent au point que j'en suis arrivé à douter de toutes les pythies du coin. Certains affirment mordicus que mon mal vient d'un ancien virus dormant qui s'est réveillé à la faveur d'un relâchement auquel je me suis laissé aller, trop confiant en ma clairvoyance qui semble manquer d'un œil plus vigilant. D'autres disent que cela est dû à une mutation d'un virus avec lequel j'ai appris à vivre bon an mal non sans toutefois cesser de lutter contre sa hargne à s'accrocher comme un verre solitaire à mes entrailles qu'il vide chaque jour de leurs meilleurs nutriments. C'est, hélas, sans succès probant jusque-là. Il en est qui, parce que plus optimistes et qu'il ne faut pas, n'est-ce pas, désespérer Belcourt, me rassurent que c'est juste un nocebo, qu'à force de me dire que ça ne va pas, j'ai fini par attraper je ne sais quoi, et que tout va bien Mme la Marquise, qu'il me suffirait d'un peu plus de marche pour retrouver toute ma vigueur d'autrefois.
Voilà, cher-e ami-e, dans quel brouaillamini je suis. T'aurais pas une pièce ?
- Une pièce ? Tu te mets à mendier maintenant ?
- Non, ami-e, une pièce d'artillerie !
- Oh là ! Je t'arrête, tu vas tout droit dans le mur. Pareil traitement coûte bonbon et caramel. Et sans aucune chance de la moindre rémission.
- Et quel remède proposes-tu, l'ami-e ?
- Marche fièvreusement jusqu'à l'épuisement. C'est en marchant qu'on devient résistant.
- Mes jambes réclament abusivement la course, et ma voie ne porte plus, elle est perturbée. Trop d'exigence pour une seule âme.
- Vaincre ou mourir.
- C'est une hypothèse. Mais pourquoi toujours mourir ? Et toujours les mêmes qui meurent, Ô grand Chaman ?
- Pas d'autres issues, encore moins d'issue benoîtement rêvée, tout est mouvement, il faut aller de l'avant. Rien ne s'arrête, rien ne se décrète, tout se projette.
- Ou tout se muselette. C'est poétique tout ça, mais sans vouloir t'offenser, ça ne fait pas avancer mon cas d'un iota. Je veux du concret. Ici et maintenant.
- T'aurais pas une pièce ?