Élucubrations aoûtiennes : III.

par Achour Wamara



Hier soir, tard dans la nuit, seul comme peut l'être une âme en peine, j'ai suivi un ruisseau, il m'a dit qu'il allait rejoindre un fleuve qui se jettera furieusement dans l'océan, lieu du suicide collectif fluvial. Mais le cours du ruisseau s'est, petit à petit, rétréci en rigole pour s'étaler au final en simple mare au milieu d'un pré peu herbeux. Honteux, il s'est excusé de son échec.
J'ai pris un de ses bras minces qui lui restait et je me suis étreint longuement avec avant de le boire jusqu'à la dernière goutte. Et mourir.
Quand l'amour ne miroite plus, il s'égoutte en filet pétoire.
Je le tiens pour dit.