Élucubrations aoûtiennes : XIII.

par Achour Wamara



En résotant comme une abeille butine, j'ai réussi à me faire haut la main une amie chinoise.
Elle habite Le Sichuan, une province du centre-ouest de la Chine.
- Comment allez-vous Daddach [mon pseudo WhatsApp], quoi de neuf en Algérie ? [elle a entendu parler de l'Algérie, son oncle y travaille depuis 10 ans].
- Salut Zhang [son prénom, le vrai]. Ça va, merci. Actuellement on parle beaucoup de Khaled Drareni.
- C'est qui ? Le Président ?
- HaHa ! Non, peut-être qu'il le deviendra un jour, car il est très populaire.
- Et pourquoi parle-t-on de lui ?
- En fait, c'est un journaliste qui est condamné à trois ans de prison pour "incitation à un attroupement non armé et d’atteinte à l’intégrité du territoire national".
- HiHi ! C'est drôle. Ça me rappelle feu Liu Xiaobo condamné pour "incitation à la subversion du pouvoir de l’État". T'as une photo de Draron ?
- Drareni ! Zhang ! Ok, je te l'envoie [aussitôt dit, aussitôt fait].
- Oh ! Il est jeune est beau !
- Et en prison...
- Quand le peuple ne craint plus le pouvoir, c'est qu'il espère déjà un autre pouvoir, c'est Lao Tseu qui le dit.
- Et ici il tarde à venir, ce pouvoir. On ne sait pas de quel métal il sera fait.
- Il sera forgé dans le métal de votre jeunesse. Acier trempé dans les désillusions.
- J'aimerais bien partager ton optimisme.
- J'ai appris que mes compatriotes chinois qui travaillent chez vous commencent à se marier avec des Algériennes. Ça fera une belle nation métissée, avec peut-être plus tard un Président métisse sino-algérien. HiHi !
- Oui, mais les Algériens sont impatients, ils ont trop attendu dans le mépris et l'offense, on leur a déjà fait le coup de l'avenir radieux, ils ne croiront pas à ton miracle chinois.
- Une chinoise ne peut dans ce cas que vous conseiller la patience, comme l'a dit notre Maître Lao Tseu : « Si quelqu'un t'a offensé, ne cherche pas à te venger. Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer son cadavre. »
- Dis à ton TseuTseu que je crains de me noyer avant de voir la tronche du cadavre.
- HiHi !
- HaHa !