Élucubrations aoûtiennes : XI.

par Achour Wamara



Je m'excuse de vous bassiner sur ma mystique actuelle, je vous rassure que je ne la dois pas à ma fréquentation assidue de Bacchus.
C'est que je me pose des questions qui ont besoin de vos réponses.
Quand quelqu'un décède, mes frères musulmans citent dans leurs condoléances la phrase dite de l'istirjaâ (le retour à l'au-delà) : "C'est à Allah que nous appartenons et c'est vers Lui que nous retournerons". C'est plus beau en arabe : "Innâ lillâhi wa innâ ilayhi râji'ûn-a".
Jusqu'ici ça va, sauf que moi je ne veux pas y retourner. J'ai commis trop de péchés ici-bas, et j'ai peur du supplice qui m'y attend, moi qui hurle à la lune pour une piqûre de guêpe. Je ne serais pas surpris d'y être torturé à mort. Mourir une deuxième fois, pas question. Aucun espoir d'y trouver une organisation des Droits de l'Homme pour vous défendre.
J'en viens à ma requête. Y a-t-il parmi vous un-E samaritain-E qui saurait s'il y a quelque part dans ce monde une religion, même minoritaire, au Bantoustan ou ailleurs, je m'en fiche, et qui aurait prévu un au-delà plus clément, plus neutre, genre no man's land sans compte à rendre, où l'on peut refaire sa vie de A à Z, comme Robinson Crusoé, et s'il n'y pas un Vendredi, je me satisferais d'un Samedi. Je m'engage à m'y convertir sur le champ.
Merci pour votre soutien.
Que Dieu vous garde à Sa droite.