Dilemme mortel (suite)



J'ai ma petite idée pour une solution, elle vaut ce qu'elle vaut.
Pourquoi est-ce que c'est le marin qui décide de trancher, si je puis dire (!), sans consulter l'ensemble des passagers sur ce qu'il faut faire. Il a donc agi en despote, on dirait, aujourd'hui, en technocrate qui "sait" tout et décide de tout. En fait, il a pris le pouvoir en même temps qu'il sauve sa peau, sinon il se serait en héros sacrifié pour offrir sa place aux naufragés qui veulent monter à bord. En vérité, les passagers du canot auraient dû se révolter pour imposer que tout le monde monte dans la barque, car rien ne dit que la barque se serait renversée, il ne faut jamais faire confiance aux dires d'un pouvoir. Spinoza (là je fais un peu savant) avait proposé dans pareil cas de double contrainte de choisir la moindre afin de se donner le temps de trouver une solution pour la deuxième contrainte. Mais dans notre cas il y a mort d'hommes si on se devait de sacrifier quelques personnes (moindre contrainte) plutôt que d'en laisser mourir un grand nombre (deuxième contrainte). La solution spinoziste ne nous satisfait donc pas. En revanche, on reste spinoziste dans la mesure où tout le monde monte à bord pour ensuite penser à une solution (espoir !) qui démentirait la "science" du marin.

Moralité : ne jamais prendre pour de l'argent comptant les dires d'un pouvoir, du domestique au tyrannique,

"On a raison de se révolter" !

A. Wamara
11 juillet 2019