Découvrez ce sein que je saurais bien voir !

par Achour Wamara



La première fois que j'ai lu burkini (sur la tête de mon âne que c'est la vérité), j'ai cru qu'on parlait de ressortissants du Burkina Faso qui, soit dit en passant et entre nous, signifie en berbère d'où le mot est tiré « l'homme à la main noire » (aberkan oufouss), autrement dit « l'homme noir ».
Grand diable, m'étais-je écrié, sommes-nous revenus à l'époque sombre où les Blancs interdisaient aux hommes et femmes noires (Burkinis donc) d'accéder à certains espaces hors les écuries qu'ils nettoyaient ?
Quel soulagement que de savoir qu'il n'en est rien. D'une part, parce qu'on dit Burkinabè et non Burkini (baboin que je suis), et, d'autre part, que l'interdit ne concerne que les femmes musulmanes et les chiens qui gênent la vue des braves estivants.
Une fois rassuré de la solidité incontestable des progrès des Droits de l'Homme qui avancent sans jamais reculer d'une ruade, je m'étais alors remis à méditer avec le soutien de mon âne atterré par ma méprise sur le pourquoi et le comment de cet égarement. Je crois avoir trouvé: c'est la burkrétinitude.
Hélas, c'est incurable !


Achour Wamara, 18 août 2016