Exil et Covid.

par A. Wamara
1er août 2021



L'exilé est rattrapé par la mort précoce, non de la sienne car il a encore ce privilège indu d'être là où on a une chance de "s'oxygéner" sans pour autant être assuré d'y échapper. Et s'il y passe il n'aura pas droit aux pleureuses natales qui savent apaiser la peine. Même mort il fait peur aux frontières. Et quand il est épargné il ne manque pas d'être saisi au collet par la mort au loin, de "là-bas", de celles et ceux dont il n'a gardé que l'esquisse d'un visage qu'il peine à redessiner, et dont il a raté la dernière ride qui signe d'un étrange creuset la même appartenance à une famille, à un village, à une communauté de mémoire.
Que sont loin les tombes de ses proches ravis subitement par cette maudite "peste" !
Venez larmes, venez, nous vous chérissons, vous nous êtes compagnes silencieuses, impuissantes mais réconfortantes. Vous arrosez nos pieds faute de vous mêler à la dernière pelletée qui ensevelit l'ami-e.
Il nous reste à promettre à nos disparus qu'on inscrira sur chacune de leurs stèles, en guise d'épitaphe, un chef d'accusation contre les lâches qui les ont lâchés, les puissants qui brillent par leur incompétence et leur brutalité.
Bien sûr qu'il y aura toujours un demain !
Courage.