Algérie : L'attentisme est un opportunisme.

par A. Wamara


Je n'aime pas en rajouter à tout le tralala sur la guerre de libération et ses sacrifices. Sur ce sujet, la concurrence en contre-façon est trop rude pour imposer sa "marque". Et puis, très souvent, on parle avec gloriole du passé pour dissimuler la glaire du présent. Mais la mémoire est toujours bonne à prendre même quand elle est une piètre enseignante. J'en use donc ici en la prenant par son derrière, là où son éclat brille de ses mille hontes.
Comme dans toute guerre, il y a ceux qui s'y engagent et perdent tout jusqu'à la vie, et ceux qui attendent que ça passe, sans compter les collabos. Je ne veux ni encenser les premiers, ni jeter la pierre sur les seconds. Toujours est-il que les attentistes sont très souvent les premiers à profiter de la confusion de l'après bataille. Souvenons-nous, au lendemain de l'indépendance de l'Algérie, les attentistes, moins atteints par la guerre, avaient plus de clairvoyance et de disponibilité pour s'emparer non seulement des biens et des emplois vacants mais aussi du costume révolutionnaire qu'ils se sont cousu sur mesure. Et ils chantaient à s'étouffer la liberté acquise de "hotte" lutte. Pendant ce temps, les lessivés de la guerre tentaient bon an mal an de refaire surface et cicatriser leurs blessures.
La situation des détenus d'opinion d'aujourd'hui nous offre le même cas d'espèce en matière d'attentisme. On laisse croupir en prison ceux qui se battent sans concession, hirakistes et makistes, et on attend l'issue qui viendra d'on ne sait quel bon vouloir d'un nouveau régime qui jettera en prison l'actuel puisque tel est visiblement le système d'alternance politique en Algérie.
Quand les prisonniers seront sortis cassés de prison, si d'ici là ils ne finissent pas comme Dr Fekhar, il s'en trouvera des attentistes qui chanteront la démocratie retrouvée, et ils se feront pousser de faux poils de lion pour cacher leur peau de lapin.
Comme d'habitude, la force du combat s'inclinera devant la farce des parvenus.
Bon courage, quand-même !


A. Wamara
30/08/22