Antalgérique

par Achour Wamara



Je cherche un remède. Pour mes tourments.
Y en a-t-il un ? J'en doute mais j'espère.
Depuis la levée d'ancre, l'Algérie m'est devenue cicatrice qui ne cesse de se raviver au gré de l'humeur du chenil.
J'avance à pas de malaise. Je bute sur le squelette de mon espérance.
Il m'arrive d'enterrer l'Algérie sous le pavé de l'oubli coupable mais, diablesse, elle se relève d'entre les morts pour tirer sur l'anneau qu'elle m'a greffé à même le nez en signe d'alliance.
"Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur" (Char). Et je n'ai pas de pot !
Je suis Peter le Rouge, le singe de Kafka, qui exhibe la blessure de sa captivité. Et on n'en a cure.
Je suis un manchot à ras l'épaule. En mal d'étreinte. Et je ne vois que des dos pressés.
Ce matin, du 20 du mois qui porte haut son nom, alors que j'égrène sans fin mes regrets et m'apprête à vendre ma dépouille au poids, un Zed hymnique planant sur toutes les rues des Genêts me fait signe. Son accueil est des plus simples. Il a serré le printemps contre mon sein.
J'ai trouvé mon antalgique.

A. Wamara, avril 2019