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Le permis de discriminer

L’accoutumance et le consentement à la discrimination gagnent chaque jour du terrain. Des discours d’autorité en font le lit au nom des valeurs que quiconque défendrait si, à y regarder de près, elles ne recèleraient pas des procédés de discriminations inavouées. Cet article donne quelques uns de ces procédés. Il ne sera pas question ici de la discrimination ordinaire assumée naïvement telle la foi du charbonnier, mais de celle qui use de toutes sortes de procédés argumentatifs, quoique fallacieux, la rendant insoupçonnable, à l'abri de la sanction pénale .
L'on assiste, en effet, depuis plusieurs décennies en France à l'avènement d'une formation discursive qui, par des énoncés clivés, promeut insidieusement la discrimination tout en la condamnant, donnant indûment quitus à qui voudrait s'y adonner en toute bonne conscience. Cette discrimination larvée procède par l’invocation d’idéaux inattaquables pour être des plus légitimes : République, laïcité, liberté de la femme, etc.
La discrimination s'argumente par la crise économique, la paix sociale, le vivre ensemble, le droit à la sécurité, les valeurs républicaines, etc. Dite obliquement, cette discrimination permet l'expression d'une cruauté désaffectée, faussement drapée de principes universels. Tout un idiome de la haine désincarnée qui vise principalement la femme musulmane voilée et le Rom, les deux figures les plus discriminées actuellement en France. Tout un discours usant de figures de style, formules incantatoires, jusqu'à l'humour qui rend l'auditeur captif et prompt au consentement à la discrimination : phrases toutes faites, approximations des mots, jugements à l'emporte-pièce, rengaines, ritournelles... Dans ces nouveaux procédés langagiers mis en œuvre, on nomme rarement le discriminé, on le désigne de biais par des détours phrastiques : métonymie, allusions, substitutions, déplacements et euphémismes. (lire l’article complet)


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