Non à l'algérienitude !

par Achour Wamara



Rien ? Plus rien à faire ? Ulach-Makache ? L'Algérie s'écroulerait d'une minute à l'autre , à l'image de son Président de rien ? De vrai, l'Algérien cherche désespérément un éboueur qui le débarrasserait de ses orduriers. De ce côté là, rien à l'horizon. C'est depuis l'enterrement du dernier martyr que le peuple a cédé ses clés aux quarante voleurs, et Allah ses jugements aux chariatans. Ajoutez qu'aujourd'hui est vide le grenier qui nourrissait les portefaix et leurs maîtres, ce qui n'augure rien de bon, car les chiens accoutumés plus à la chair qu'à l'os abandonneront ce dernier au peuple au gré de leur humeur, quitte à s'étriper avec nos cadavres en boucliers.
L'identité algérienne commence de surcroît à s'écailler de ses peintures importées au rabais. L'algérianité, croyant se raffermir dans le collage factice et perfide de l'amazighité à la queue de l'arabité, semble perdre ses jointures. Ne parlons pas de l'évitement de la francité, l'éternel lapsus dans nos langages, que nous entretenons comme une bâtarde adulée.
Et pourtant…
Et pourtant cette algérienitude qui dit la vacance et la vacuité est à la mesure d'une algérianité toute pleine, réelle, qui coule comme une source silencieuse dans les flancs d'une montagne.
L'algérianité n'est pas criarde, non, elle est comme l'écho de la voix maternelle qu'on emporte dans sa besace où que l'on aille.
Elle aimante plus qu'elle ne sédimente.
Elle ne s'hérite pas, elle nous habite sans bail.
Elle sent peut-être la terre et le sang mais elle hante davantage nos poèmes et nos chants.
Elle n'est pas un accoutrement dont on se défait selon ses caprices ou à sa guise sans y laisser un peu de sa peau.
Ni belle, ni moche, elle s'incarne dans la jeunesse inaltérable.
L'algérianité n'est pas sensible à la glorification, ni réductible à l'identité qui, elle, ne répugne pas à l'emprunt qui l'augmente ou l'acculture,
elle n'est pas non plus une essence qui la « racialiserait » dangereusement,
elle est un style qui habille un sentiment diffus d'appartenance que l'histoire a implacablement tissé sans possibilité de recours.

Et elle est indéfendable !!



Achour Wamara, 22 août 2016