Sioux contre fatwas *

par A. Wamara


On a presque tout dit jusqu’à se répéter sur les détenus d’opinion algériens. Mais jamais assez. On assiste à l’issue de chaque verdict à un délire judiciaire avec un chapelet de condamnations qu’on dirait tirées au hasard dans un jeu de loto : 3, 5, 7, 10, 20 ans, à perpète, à mort… il ne manquerait que les fours…
L’article du code pénal 87-b (il me fait penser à un nom d’obus) ratisse large, d’un tweet lèse-majesté à l’affichiste séparatiste. Tout le monde est présumé coupable. Voyez ce post que vous lisez présentement, il tomberait sous le couperet de cet article qui accuserait votre serviteur de terrorisme, moi qui suis l’être le plus doux de la Voie lactée, incapable de faire mal à un asticot. J’observe un jour de jeûne toutes les fois que j’en écrase un par inadvertance. Alors, terroriste, moi ?
Par ce genre d’article, le code pénal algérien est devenu un corpus de fatwas sans dictée d’Allah , les juges ayant pris sa place.
Doit-on se plier à une loi parce que « dura lex sed lex » ? (la loi est dure mais c’est la loi ?). Non, il est des lois injustes qui appellent la désobéissance civile. Antigone nous l’a enseigné.
Sans toutefois se jeter dans la gueule du loup.
Adopter la ruse des Sioux : s’approcher de l’animal sans se faire repérer.
Bon courage.


* en hommage à Kamira Naït Sid, condamnée à 5 ans de prison ferme et 100 000 dinars d’amende, ainsi qu’à Amara Mazi, et à tous leurs co-détenu-e-s condamné-e-s ou en attente de procès.
A. Wamara
16/12/22