Le pirate et l'araignée

Comme chacun sait (!), un pirate est toujours barbu, affublé d'une main-crochet. Il a un bandeau à l'oeil, festoyant, roteur et salace. Son rire sardonique glace les os de ses victimes. Il écume les océans pour détrousser les vaisseaux de leurs trésors et passer au fil de l'épée leurs équipages.
Qu'en est-il du pirate informatique ?
Il est plutôt pâlot, lunetté, col blanc, corps-vermisseau avec un clavier comme appendice manuel. Point de cimetière marin. Lui, ses vaisseaux sont des réseaux, notamment Internet, toile-araignée qui recèle des trésors insoupçonnés, certes impalpables mais ô combien rentables.
Comment s'en préserver ? On peut toujours, pour le dissuader, transformer son micro en enclos et recourir à du fil barbelé. Mais dès que vous faites partie de la secte des abonnés au réseau, ce loup sans loi ni bois, rompu à la connectique et grand artificier de bombes logiques, est capable, par un croc-clic sadique, de décimer vos troupeaux de fichiers tant bichonnés à la sueur de vos neurones.
Blindage, verrouillage, mot de passe..., cette batterie militaro-sécuritaire résiste de moins en moins à ce délinquant de vaisseaux virtuels. Les cyberflics ne trouvent d'ailleurs sur son passage ni empreintes ni cadavres. Du reste, comment procéder à l'autopsie d'un bit ?
On serait bien inspiré, si l'on veut débusquer ce pirate new wave, de faire appel à la technique de chasse de l'araignée, la vraie !
N'est-ce pas la meilleure façon de faire mouche ?
A pluce !

Achour Ouamara