Mémoires d'une puce

Comme chacun sait (!), la blatte est cousine envieuse de la frêle puce.
On raconte qu'au tout début de la micro-informatique, des cafards balourds s'incrustaient dans le ventre de l'ordinateur pour semer la panique dans les circuits et faire s'ébrouer la puce jusqu'à lui donner des tics.
C'est pourquoi, lorsqu'un programme se plante, on dit qu'il y a un bug (traduction de cancrelat en langue de Chakespeare) qui vous gratifie d'un message martien.
Depuis, Ted Hoff, père de la puce, a doté son bébé d'une armature digne de la capsule d'Ariane 5.
Mais des informaticiens véreux cultivent en serre des virus (futés programmes) qui, après avoir squatté la mémoire de votre matos, peuvent aussi bien ramollir votre disque dur en le passant à la serpillière que traduire votre texte en langue sumérienne, tout en vous jouant la cinquième de Beethov.
S'imposait dès lors l'antivirus (non moins futé programme), killer impitoyable dont le carnet d'adresses est chargé de noms de virus ayant acquis force célébrités (Acide rain, Cannabis, Choléra, Poison...), et qu'il se grise à écraser comme des mouches.
La puce peut dormir sur ses deux antennes, ou grignoter à loisir ses chips. Du moins pour un temps. Elle peut s'adonner à son sport favori : le calcul vertigineux au service de notre paresse.
A pluce !!

Achour Ouamara