De Tombouctou à Honolulu

J'eusse voulu que mon voisin de palier entrât en communication avec moi.... Excusez ce subjonctif quelque peu pompeux.
Il faut dire que je m'y exerce assidûment depuis que je participe au dazibao planétaire que constituent les groupes de discussion sur Usenet.
J'y développe à loisir et longuement mes réflexions sur l'ineffable solitude de l'homo sapiens.
J'exulte à l'idée que mes articles trouveront des lecteurs internautes du monde entier sans compter ceux de France et de Navarre.
Ce débat initié par votre serviteur a mieux que je l'espérais suscité un grand intérêt, notamment chez un Targui de Tombouctou qui, altier sur son méhari équipé d'un PC portable (oui !), m'enseigna la compagnie des lézards verts au plus fort du sirocco.
J'avoue que l'aigri honolululien (?) m'a bassiné avec sa sociologie réchauffée sur la foule solitaire.
La finesse d'esprit et la profondeur d'analyse revient sans conteste à un Esquimau, en l'occurrence un Igliluk, dont l'article sur le blues de l'igloo a fait sensation auprès des lecteurs. Caractère d'ours s'il en est, au demeurant très chaleureux, l'Igliluk a comparé les hommes aux cornes du caribou : elles ne se rencontrent que dans la mêlée de l'entrechoquement.
Aguerri par cette maxime, je sors de mon bunker pour la mettre à l'épreuve. Je croise mon cher voisin sur le perron qui grogne un bonjour qu'il m'aurait volontiers facturé si je ne m'empressais de le lui rendre avec la même déférence.
Il me tarde de rencontrer cet anachorète dans un groupe de discussion sur l'Amour de son prochain. Peut-être alors viendra-t-il de son nez corné tambouriner à ma porte blindée.
Solitaires de tous les pays encornez-vous !
A pluce !

Achour Ouamara