Cherche cucurbitacées désespérément

Ceux que les rayons poussiéreux des bibliothèques indisposent doivent se résoudre à l'aseptique recherche sur Internet.
L'Allergie y est tout autre. Les bibliothécaires s'appellent moteurs de recherche. Proposez-leur un mot, une expression, ils vous rapportent dare-dare toutes sortes d'informations ramassées dans les coins les plus reculés du monde. Yahoo qui me suggère le cri d'un australopithèque en période de rut, et d'autre part Excite que je soupçonne naviguer en eaux troubles. Point de tout cela. La consonance ne fait pas le sens ! L'un comme l'autre charrie pour le mot cucurbitacées (mon violon d'Ingres) une quantité de sites, des milliers, qui vont des associations pour la promotion du melon aux amours passionnées d'une citrouille et d'un potiron, avec en prime une adhésion au Club des jardiniers du patchouli, sauf qu'une armée vaillante de cliqueurs ne suffirait pas pour consulter ces sites en l'espace d'un jour.
Moi, je voulais juste m'informer sur la cuisson de la courge chez les Bororos.
Je reformule ma requête. Je tape cuisson +courge +Bororos. Résultat : néant! Pas l'ombre d'un site. Y a un pépin ! Le moteur a calé.

Je me replie sur ma courge fripée. Va falloir que je me la farcisse à la cervelle.
C'est alors que je suis pris d'une nostalgie. Il me souvient un livre de cuisine depuis longtemps délaissé, racorni. J'entends encore le froufrou de ses feuilles granulées à la graphie cursive qui dit mille épices et d'où s'exhale l'odeur intime du jauni de l'empreinte des doigts caresseurs. Ah ! Le livre ! La sensation de sa rugosité au toucher ! Doux et fidèle compagnon !
Allez ! Foin d'Internet !
À pluce !

Achour Ouamara