De la gare à l'Élysée !

par A. Wamara
7 mai 2022


Ne dites jamais que vous êtes modeste.
Vladimir Jankélévitch nous enseigne que « celui qui l'est ne le dit pas; celui qui le dit a cessé de l'être… ou ne l'a jamais été » (Traité des vertus)
On se leurre donc de penser qu’on se ré-hausserait aux yeux des gens en pérorant sur nos qualités qui ne trompent personne. Étaler ses avantages à tout vent traduit un manque de consistance de l'être. Il en est de même de l'avoir. La vacuité de l’être se mesure au plein de l’avoir et du paraître. "Beaucoup de volume pour peu de substance", nous dit le philosophe.
L’avoir n’est pas seulement le cumul des biens, c’est aussi la possession de la force, le biscoto, c’est la performance, courir plus vite que l'autruche, sauter plus haut que la puce. Signes modernes de distinction qui feraient passer Proust et Kafka pour des terriers.
S’opposent donc à l’être-plein l’avoir qui s’actualise dans l'esbroufe et le paraître. Quand l’avoir fait le paon, c’est que l’être se réduit comme peau de chagrin.
Il y a aussi l’être et le faire. Sans vouloir faire du Sartre, notre être se définirait par ce que l’on fait et non par l’avoir qui nous illusionne d'une supériorité sur nos semblables, d'un supplément d'âme qui nous rendrait plus désirable. Non, "Vanités des vanités, tout est vanité" (L'Ecclésiaste).
Je vous propose des travaux pratiques sur cette question. Regardons la photo de ce post. Le paraître saute aux yeux. La fonction présidentielle n'exige aucunement une telle parade vestimentaire. L'aristocrate, à droite, qui accompagne le couple présidentiel rappelle par ses atours et sa posture la caste de la noblesse qui a toujours voulu nous faire croire qu'elle est née sans sphincter.
Pas la peine d'être expert en étoffes pour deviner que les habits du couple présidentiel sont conçus par un grand couturier qui vous vendrait une cravate pour mille et un SMIC.
Tout est donc là, l'avoir et son paraître, l'héritocratie et ses vanités.
Et l'être alors, me diriez-vous, il est où sur cette photo ! Inutile de l'y chercher. Le vide de l'être présidentiel, vous le constaterez à sa déculottée aux prochaines législatives, on l'appellera "le rien de l'Élysée".
Revanche !!


A. Wamara
7 mai 2022