Aujourd'hui, je suis mort.
Ma mère née d'un hiéroglyphe coriace pensait que j'étais immortel.
Douce mère, ton fils te rejoint plus tôt que prévu.
Au premier printemps sans noces.
Quand je te demandais "d'où je viens", tu me répondais "médite ton nom. Vis".
J'ai vécu une seconde, papillon de nuit éphémère.
J'ai chanté une éternité.
J'ai épousé le verbe aïeulal qui cisèle le poème qu'on offre en dot.
Je meurs quelque peu déçu de ne pas avoir pu danser sur un nouvel hymne
qui glorifierait les batailles gagnées à Zed.
Voilà, je tire ma révérence.
Je serai mis sous terre sans fleurs tressées,
ni thrènes des pleureuses.
Sans testament.
Car "notre héritage n'est précédé d'aucun testament" (René Char).

A. Wamara,
8 mai 2020


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